Poser une étagère dans un deux-pièces du 11e arrondissement, fixer une tringle sous un plafond mouluré, accrocher un miroir lourd dans une entrée : dans un immeuble parisien, ces petits travaux passent presque toujours par un trou. C’est souvent là que les ennuis commencent, avec un plâtre qui s’effrite, une brique qui éclate ou un foret qui chauffe sans avancer.
Les matériaux changent d’une pièce à l’autre dans le bâti ancien de la capitale, parfois d’un mur à l’autre. Avant de trancher entre une perceuse filaire et un modèle sans fil, mieux vaut savoir dans quoi vous allez percer.
Plâtre, brique ou pierre : identifier le mur avant de percer
La façade d’un immeuble haussmannien est en pierre de taille. À l’intérieur, les murs et les cloisons associent selon les cas moellons, briques pleines, briques creuses ou carreaux de plâtre, et les plafonds reposent souvent sur un lattis de bois recouvert de plâtre. Deux murs d’une même chambre peuvent donc réagir de façon opposée sous le foret.
Le premier test se fait à la main. Frappez doucement le mur avec le manche d’un tournevis : si le son est creux, il s’agit probablement d’une cloison légère ou d’une brique creuse ; s’il est mat et plein, vous êtes face à de la pierre, de la brique pleine ou du béton.
Observez ensuite la poussière des premiers millimètres. Elle est blanche et fine dans le plâtre, rouge ou orangée dans la brique, grise dans le béton, plus claire dans les joints au mortier de chaux. En une minute, vous évitez ainsi l’erreur la plus répandue dans l’ancien : percer une cloison fragile en mode percussion.
Sous un plafond en lattis, la percussion est à proscrire, même pour un simple crochet de suspension. Les vibrations décollent le plâtre de son support en bois et peuvent ouvrir une fissure, voire provoquer une chute de plâtre au-dessus de la zone de travail.
Perceuse filaire ou sans fil : le bon choix selon le support
Pour le plâtre, le bois des huisseries et la brique creuse, une perceuse-visseuse sans fil de 18 V fait l’affaire dans la grande majorité des cas. Le perçage se fait sans percussion, à vitesse modérée, avec un foret adapté au matériau : foret à bois pour les huisseries, foret béton ou multi-matériaux pour la brique. La même machine sert ensuite à visser les supports, un vrai avantage dans un appartement où la place manque pour ranger plusieurs outils.
Reste à choisir la bonne cheville. Une cheville classique tourne dans le vide si le mur est en plâtre ou en brique creuse, alors qu’une cheville à bascule ou une cheville métallique à expansion se bloque derrière la paroi. Dans la brique pleine et la pierre, une cheville à expansion en nylon, du diamètre exact du foret, tient beaucoup mieux.
Il faut davantage de puissance pour percer ces murs durs. La percussion devient utile, et sur une longue série de trous, par exemple pour fixer un rail de cuisine ou une rangée de supports de bibliothèque, mieux vaut une perceuse à percussion filaire, pour éviter la mauvaise surprise du troisième trou, quand la batterie faiblit et que le foret n’avance plus dans la pierre.
Le choix se fait donc mur par mur. Dans un logement qui mêle cloisons en plâtre et murs en brique pleine, une solution pratique consiste à garder une visseuse sans fil pour les fixations légères et une machine filaire pour les murs durs. Côté sans fil, la gamme Clickoutil – perceuses filaires et sans fil permet de trier les modèles par tension et par couple maximal : une machine de 18 V avec une batterie de 4 Ah couvre la plupart des fixations dans le plâtre et la brique creuse.
Pensez aussi au poids de la machine quand vous percez au-dessus de votre tête. Au moment de poser une tringle ou un luminaire, on se fatigue beaucoup moins le bras avec un modèle compact qu’avec une perceuse lourde tenue à bout de bras pendant dix minutes.
Quand le foret rencontre du béton
Même dans l’ancien, on tombe parfois sur du béton : une dalle refaite, un linteau, une reprise de plancher. Une perceuse-visseuse y atteint vite ses limites. Un béton armé se perce avec une perceuse à percussion filaire puissante ou, mieux, avec un perforateur : grâce à sa frappe pneumatique, vous n’avez pas à peser de tout votre poids sur la machine.
Si le foret bute net au bout de quelques centimètres, il s’agit probablement d’un fer à béton. Inutile d’insister : décalez légèrement le trou plutôt que de forcer.
Peintures au plomb : la précaution propre aux immeubles d’avant 1949
Une grande partie du parc parisien a été construite avant 1949, à une époque où les peintures à la céruse, chargées en plomb, étaient d’usage courant. En perçant ou en ponçant ces anciennes couches, vous libérez des poussières toxiques, surtout sur les boiseries, les encadrements de fenêtres et les plinthes, où les peintures se sont superposées pendant des décennies.
Pour savoir à quoi vous attendre, consultez le constat de risque d’exposition au plomb remis lors de l’achat ou de la location d’un logement construit avant le 1er janvier 1949 : les revêtements concernés y figurent, comme le rappelle la fiche consacrée au constat de risque d’exposition au plomb sur le site de l’administration.
Sur ces surfaces, humidifiez la zone avant de percer, placez le tuyau d’un aspirateur au plus près du foret, puis ramassez la poussière tombée au sol au chiffon humide. Scotchez une enveloppe ouverte sous le point de perçage : l’essentiel des débris y tombe, et l’enveloppe part directement à la poubelle.
Un mur identifié, une machine adaptée et quelques précautions suffisent, dans la plupart des appartements anciens, à poser une étagère sans y laisser de traces.
Photo : Marissa Daeger / Unsplash


